Itinéraire
Nantizon , Les Chuzins, stationner à la sortie près de l'ancienne cité minière. Sortir par le chemin et
rapidement prendre à droite dans un petit vallon. (propriété privée). Aller au fond de ce vallon jusqu'à la falaise.

Cet affleurement est dans la même liste des 18 sites d'intérêt majeur, national, voire international de Rhône-Alpes éditée
par le BRGM que des endroits très connus (Mont Gerbier de jonc
et les sources de la Loire, le Mont Mézenc...).
La fiche RHA 012 précise :
La coupe du ravin des Chusins constitue l'unique point des environs de Grenoble où l'on puisse voir facilement la discordance du Trias sur le Houiller (= discordance hercynienne).
C'est celui qui nous fait remonter le plus loin dans le temps (au passage Primaire/Secondaire), les 8 sites de l'Ardèche
concernent le volcanisme quaternaire.
Ce site, noté remarquable, n'est pas connu des Matheysins, n'est pas signalé, n'est pas utilisé pour valoriser
le secteur (c'est aussi le cas du patrimoine minier local malgré les études successives!). Il est visité par les géologues
amateurs, les stagiaires en visite dans la région. Il nécessite un décryptage approfondi pour en faire ressortir
son intérêt.
Le petit vallon envahi par la végétation aboutit à une falaise, la partie qui nous concerne
se situe au pied de cette falaise.
La discordance des Chuzins.
La falaise au fond du vallon.
Discordance = repos stratigraphique d'une formation sédimentaire (ici le conglomérat du Trias) sur un
substratum plissé ou basculé antérieurement par des efforts tectoniques, et en partie érodé
(ici le grès houiller du Carbonifère)
[dictionnaire de géologie].
Bien qu'en contact, une grande différence de temps sépare les dépôts de part et d'autre de la discordance,
une "lacune" dans le jargon géologique, d'environ 60 millions d'années.

"ripple-mark"
Nous avons, en observant cet affleurement, la tête dans l'ère secondaire et les pieds dans l'ère primaire.
La chronologie des événements :
- 305 à 295 Ma (fin Carbonifère), dépôt du Houiller, probablement plus épais qu'aujourd'hui qui va être plissé et faillé par les derniers soubresauts de la chaîne hercynienne.
- 295 à 250 Ma, un étage, le PERMIEN que l'on retrouve dans la région uniquement aux Rouchoux (Valjouffrey
en dessus des Faures), partout ailleurs il est absent (non dépôts, dépôts et érosion ?). Les sédiments
de cet étage sont des grès rougeâtres, produits du démantèlement de la chaîne hercynienne)que l'on retrouve
par exemple dans les gorges de Daluis.
A la fin du Permien, donc du Primaire, la chaîne hercynienne n'existe plus, les continents sont arasés
(on parle de la pénéplaine) et rassemblés dans un continent unique, la Pangée.
Non seulement les dépôts permiens ont été érodés mais l'érosion a aussi affecté les sédiments du Houiller (combien ?).
- 250 Ma, début du Secondaire
- 230 Ma, la mer triasique atteint notre région avec beaucoup de retard par rapport à l'Allemagne, l'Alsace...
les premiers dépôts sont des conglomérats qui se déposent sur le Houiller plissé d'où la discordance.
Nous verrons dans la page Roche Paviote la suite de la stratigraphie.
En faisant la synthèse de ces datations, on se rend compte que les roches de part et d'autre de la
discordance ont environ une différence d'âge de 60 millions d'années.
Une longue période n'est pas
enregistrée dans la stratigraphie, notamment tout un étage, le Permien, étage qui a vu la fin du rassemblement
des continents en un continent unique, la Pangée ; et qui s'est terminé par la plus importante extinction
: 95% des espèces vont disparaître (la crise, très médiatisée,
de la fin du Crétacé qui a vu la disparition des Dinosaures ne vient qu'après avec 65%).
mais un étrange animal, mi-reptile, mi-mammifère, le Lystrosaurus a réussi à survivre à cette grande
catastrophe, et à permettre aux mammifères de se développer durant le Secondaire et à coloniser la Terre au Tertiaire.
Nous reparlerons du Permien dans la page Les Rouchoux, un des deux endroits où l'on peut voir les grès permiens
en Isère (l'autre étant les "grès d'Allevard").
Sur un bloc écroulé ou peut voir des rides allongées et parallèles formant relief, l'agitation de la houle sur
la plage a été figée. Les géologues appellent cette forme de sédimentation sous le vocable anglo-saxon "ripple-mark" =
marque en ride.